Aller au contenu principal Activer le contraste adaptéDésactiver le contraste adapté
Fermer

Les Casques bleus quitteront le Liban en 2027
information fournie par AFP 29/08/2025 à 06:40

Un drapeau de l'ONU flotte sur un véhicule blindé de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), en patrouille près de bâtiments détruits dans le village de Kfar Kila (sud du Liban), près de la frontière avec le nord d'Israël, le 27 août 2025 ( AFP / ANWAR AMRO )

Un drapeau de l'ONU flotte sur un véhicule blindé de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), en patrouille près de bâtiments détruits dans le village de Kfar Kila (sud du Liban), près de la frontière avec le nord d'Israël, le 27 août 2025 ( AFP / ANWAR AMRO )

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé jeudi de prolonger une dernière fois le mandat de la force de maintien de la paix dans le sud du Liban (Finul) et, sous pression des Etats-Unis et d'Israël, de programmer en 2027 son retrait que certains estiment prématuré.

Israël et les Etats-Unis ont immédiatement salué une décision "historique".

"Pour une fois, nous avons une bonne nouvelle de l'ONU", a déclaré l'ambassadeur israélien Danny Danon, accusant la mission d'avoir échoué à empêcher le Hezbollah de "prendre le contrôle de la région".

"Nous appelons la communauté internationale à utiliser l'année qui vient pour renforcer les forces armées libanaises", a commenté l'ambassadrice américaine par interim Dorothy Shea, notant que le "i" dans Finul signifiait "intérimaire".

Quelque 10.800 Casques bleus font tampon entre Israël et le Liban depuis mars 1978, mais le renouvellement habituel de leur mandat, qui expire dimanche, se heurtait cette année à l'hostilité d'Israël et de son allié américain qui souhaitent leur départ.

Un véhicule blindé de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) passe devant des bâtiments détruits le long d'une route dans le village de Kfar Kila, dans le sud du Liban, près de la frontière avec le nord d'Israël, le 27 août 2025 ( AFP / ANWAR AMRO )

Un véhicule blindé de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) passe devant des bâtiments détruits le long d'une route dans le village de Kfar Kila, dans le sud du Liban, près de la frontière avec le nord d'Israël, le 27 août 2025 ( AFP / ANWAR AMRO )

Soutenue par Beyrouth, la France, chargée de ce dossier au Conseil de sécurité, avait dans un premier temps envisagé une extension d'un an, évoquant simplement l'"intention" de travailler à un retrait de la Finul.

Mais face au risque d'un veto américain, après plusieurs versions et un report du vote, la résolution adoptée jeudi à l'unanimité programme sans équivoque la fin de la mission dans 16 mois.

Le Conseil "décide de prolonger pour une dernière fois le mandat de la Finul (...) jusqu'au 31 décembre 2026 et de commencer une réduction et un retrait ordonnés et sûrs à partir du 31 décembre 2026 et dans un délai d'un an".

A l'issue de cette période, l'armée libanaise devra être la seule à assurer la sécurité dans le sud du pays, précise le texte.

- "Retrait complet des forces israéliennes" -

Le président français Emmanuel Macron a salué l'extension de 16 mois, en insistant sur l'importance d'un "retrait complet des forces israéliennes du Sud-Liban et la fin de toute violation de la souveraineté libanaise (qui) sont des conditions essentielles à la mise en œuvre de ce plan".

Un soldat français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) en patrouille dans le village de Kfar Kila, dans le sud du Liban, près de la frontière avec le nord d'Israël, le 27 août 2025 ( AFP / ANWAR AMRO )

Un soldat français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) en patrouille dans le village de Kfar Kila, dans le sud du Liban, près de la frontière avec le nord d'Israël, le 27 août 2025 ( AFP / ANWAR AMRO )

"J'ai salué les décisions courageuses de l'exécutif libanais vers le rétablissement du monopole de la force. J'encourage le gouvernement libanais à adopter le plan qui sera présenté au cabinet à cette fin", a également indiqué M. Macron après s'être entretenu avec le Président du Liban, Joseph Aoun, et son Premier ministre, Nawaf Salam.

Plusieurs Etats membres ont plus clairement regretté le départ anticipé des Casques bleus.

"Le Royaume-Uni estime qu'un retrait prématuré de la Finul risque de nourrir un environnement sécuritaire que le Hezbollah pourrait exploiter", a noté l'ambassadeur britannique adjoint James Kariuki, se disant "déçu" que la décision n'ait pas été prise "sur la base d'une évaluation basée sur les faits". Tandis que son homologue chinois Geng Shuang a dénoncé "l'insistance obstinée" d'un membre du Conseil ayant fait preuve d'un "mépris total" pour la situation sur le terrain.

Alors que certains diplomates craignaient qu'un veto américain ne mette un terme immédiat à la mission, le Premier ministre libanais a salué la prolongation jusqu'à fin 2026.

Des soldats de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) patrouillent en véhicules blindés sur une position anciennement détenue par le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah, dans la vallée de Khraibeh à el-Meri, dans le sud du Liban, le 27 août 2025 ( AFP / ANWAR AMRO )

Des soldats de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) patrouillent en véhicules blindés sur une position anciennement détenue par le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah, dans la vallée de Khraibeh à el-Meri, dans le sud du Liban, le 27 août 2025 ( AFP / ANWAR AMRO )

Le président Aoun a lui espéré que ces 16 mois supplémentaires donneraient à la Finul "la chance d'améliorer la situation du Liban et de renforcer la stabilité le long de la frontière sud".

Cette décision a été prise au moment où Beyrouth s'est engagé à désarmer et à démanteler le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah d'ici la fin de l'année, sous pression de Washington et dans le cadre de l'application du cessez-le-feu ayant mis fin à la guerre avec Israël en 2024.

Cet accord prévoit le retrait du Hezbollah de la zone située au sud du fleuve Litani et le démantèlement de ses infrastructures militaires, en contrepartie du renforcement du déploiement de l'armée libanaise et des Casques bleus de l'ONU.

L'accord de cessez-le-feu prévoit un retrait israélien de la zone, mais Israël maintient des troupes dans des positions frontalières jugées stratégiques et mène régulièrement des frappes chez son voisin du nord.

La résolution appelle d'ailleurs Israël "à retirer ses forces du nord de la Ligne bleue", y compris "les cinq positions sur le territoire libanais".

4 commentaires

  • 28 août 10:50

    Seulement 4 pays européens minoritaires sur 10 participent à la FINUL: rien à voir avec l’OTAN ou un noyau d’armée européenne pour ce contingent placé sous l’autorité de l’ONU.


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires